Interview de Thomas Patrick Dalton

                                                                         Interview de Thomas Patrick Dalton


—  FUGE est un roman à lire sans la moindre hésitation.

Il allie la portée épique de la science-fiction classique à la profondeur émotionnelle du roman littéraire.

Les lecteurs de La Route (Cormac McCarthy), Interstellar , ou Les Fils de l’homme y trouveront une œuvre d’une grande force narrative.

C’est un texte profondément humain , sensoriel , et thématiquement riche — une méditation magistrale sur ce que signifie survivre à la fin , et sur ce qui reste digne d’être vécu quand tout le reste a disparu.

Entretien

— Fuge, ça veut dire quoi ?

Le titre du roman vient du latin et signifie « fuite » ou « ce qui fuit ». Il porte une richesse sémantique rare : il désigne à la fois l’acte de fuir et le pouvoir de faire fuir. En latin, comme dans les langues modernes qui en héritent, il n’est pas un simple mouvement de retrait, mais une force active : ce qui repousse, éloigne, neutralise ou protège. En le choisissant comme titre, j’évoque ainsi un principe fondamental de mon roman de science-fiction : la fuite n’est pas seulement une réaction, elle peut devenir un mécanisme, une arme ou une loi qui régit le monde. Le mot Fuge signifie donc, avec une précision étymologique et conceptuelle : « quelque chose qui fait fuir quelque chose ».

Présentez-vous.

Le roman Fuge , écrit par Thomas Patrick Dalton, s’inspire d’un chapitre tiré d’un récit de science-fiction rédigé entre 1982 et 1984, intitulé Le Voyage au fond de l’univers. Cette œuvre originale n’a cependant jamais été publiée.

Pouvez-vous nous parler de votre livre ?

Fuge se déroule à une époque où la Terre est à bout de souffle. Les écosystèmes s’effondrent, le climat devient incontrôlable et l’humanité comprend qu’elle doit quitter sa planète pour survivre. Nova Gaïa représente alors un dernier espoir, presque un rêve.

Mais ce roman parle surtout de nous : de la peur de tout perdre, de l’urgence omniprésente et de cette fuite en avant où chaque décision est vitale. Fuge dépeint une humanité brillante et fragile à la fois.

Dans le roman, vous expliquez la destruction progressive de la Terre en évoquant une bulle quantique. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Dans Fuge, une bulle quantique est une anomalie née au niveau le plus fondamental de la réalité : celui des lois qui gouvernent la matière elle-même.

Pour le dire simplement, on peut l’imaginer comme une zone de l’espace où les règles normales de la physique cessent de fonctionner correctement. À l’intérieur de cette bulle, les forces fondamentales — gravité, cohésion de la matière, énergie — sont altérées.

Lorsque la Terre entre en interaction avec cette bulle, la matière terrestre ne se détruit pas brutalement : elle se défait, comme si l’Univers cessait soudainement de “tenir ensemble” la planète. Les atomes, les forces qui les lient, perdent leur stabilité.

Dans le roman, la bulle quantique n’est donc pas une explosion ou une arme, mais un dérèglement profond de la réalité, invisible, incompréhensible, et surtout impossible à combattre avec les moyens humains. C’est ce qui la rend si terrifiante : ce n’est pas la fin du monde par la violence, mais par l’effondrement silencieux des lois qui le rendent possible.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

J’ai eu envie d’écrire cette histoire en observant notre monde et le sentiment d’urgence qui l’habite. La fragilité des écosystèmes, le dérèglement climatique et cette impression que nous avançons trop vite sans en mesurer les conséquences m’ont profondément marqué. J’ai voulu transformer ces inquiétudes en une narration humaine et intime, où la fin d’un monde n’est pas seulement une catastrophe globale, mais une épreuve vécue à hauteur d’homme, de femme et de famille. Fuge est né de ce besoin de ressentir, plutôt que de simplement constater, ce que signifie perdre une planète… et de tenter, malgré tout, de préserver l’essentiel.

Quels sont vos futurs projets ?

Pour le moment, je me consacre pleinement à la vie de ce roman ; je n'ai pas d'autre projet d'écriture en cours.

Et l'intelligence artificielle ?

J’ai souhaité expérimenter la capacité de l’intelligence artificielle à se substituer aux différents corps de métiers de l’édition. Le constat est probant : elle peut tour à tour endosser le rôle de directeur de collection ou d’éditeur afin de retravailler le fond — structure, rythme, psychologie des personnages — ou celui de correcteur pour traquer les coquilles, les fautes de syntaxe, ainsi que les incohérences temporelles ou logiques. À plus ou moins brève échéance, les professionnels de l’écrit devront envisager de l’intégrer à leur arsenal de travail, au même titre qu’un dictionnaire ou qu’un logiciel de correction tel qu’Antidote.

Un mot de la fin ?

Fuge n’est pas seulement une histoire de fuite vers les étoiles, c’est une invitation à réfléchir à ce que nous faisons de notre monde aujourd’hui. Si ce roman peut laisser une trace, j’aimerais que ce soit celle-ci : tant qu’il reste de l’espoir, il reste aussi une responsabilité — celle de protéger ce qui nous rend humains, ici comme ailleurs.

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